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Il était une fois l’enseignement arabe

Il était une fois l’enseignement arabe
  • Publié le 21-06-2013 à 06:38
  • Auteur: La rédaction Ecolia
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Dans un chapitre* de l’ouvrage Les prolégomènes ( XIVe siècle), le célèbre penseur arabe Ibn Khaldoun décrit, analyse et critique les différents modes d’enseignement dans les pays du Maghreb et dans l’Espagne musulmane... Un texte qui, 6 siècles plus tard, reste encore d’actualité. Morceaux choisis.

Le Coran d’abord

«Une des marques distinctives de la civilisation musulmane est l’habitude d’enseigner le Coran aux enfants. Donc le Coran forme la base de l’enseignement et sert de fondation à toutes les connaissances qui s’acquièrent plus tard. En effet, les premières choses qu’on apprend par cœur servent de fondations aux connaissances acquises subséquemment. Les habitants du Maghreb ont pour système de tenir leurs enfants à l’étude du Coran seulement. Dans aucun de leurs cours d’enseignement (primaire) ils ne mêlent d’autres notions à celles que nous venons de mentionner ; ils n’y parlent ni des traditions, ni de la jurisprudence, ni de la poésie, ni de la langue des (anciens) Arabes. S’il renonce ainsi à cette branche d’études, il renonce ordinairement à toutes les autres

Ce qui se conçoit bien...

Dans l’Ifrîkiya (Tunisie) et dans le Maghreb, l’importance qu’on attache à l’enseignement du Coran a pour résultat que les habitants de ce pays sont loin de posséder complètement la langue arabe. En effet, l’étude du texte coranique ne procure que rarement la faculté de bien parler ; car les hommes, sachant l’impossibilité de rien produire de comparable au Coran, s’abstiennent non seulement d’en faire l’essai, mais de prendre pour modèles les phrases et les tournures de ce livre. Aussi, chez ces deux peuples, on n’acquiert à l’école que la simple connaissance de cette phraséologie. Il en résulte que les élèves n’obtiennent jamais une parfaite connaissance de la langue arabe. Tout ce qu’ils retirent (de ce genre d’instruction) est la difficulté d’exprimer nettement leurs idées, et une grande incapacité pour le maniement de la parole.

De la poésie avant toute chose

Les (musulmans) espagnols ont pour système d’enseigner plusieurs choses à la fois : (pendant que les enfants apprennent le Coran) on les oblige, dès leur première jeunesse, à réciter des pièces de vers et des épîtres, et à étudier la grammaire et la philologie arabes. Ce genre d’enseignement les dispose à acquérir plus tard une connaissance approfondie de cette langue. Mais ils ne font jamais un grand progrès dans les autres sciences. Le cadi Abou Bakr Ibn Al-ArAbi propose, dans le récit de son voyage, un plan d’enseignement très original, sur lequel il revient à plusieurs reprises, en y ajoutant de nouvelles observations. Selon lui, il faudrait suivre le système des Espagnols et enseigner l’arabe et la poésie avant les autres sciences.Voici ce qu’il dit : «il faudrait commencer par l’étude de leur poésie (celle des Arabes) et de leur langue (...) L’élève passerait ensuite au calcul et s’y appliquerait. jusqu’à ce qu’il en eût compris.les règles. Ensuite il se mettrait à lire le Coran, dont il trouverait l’étude très facile, grâce à ces travaux préliminaires.» Il dit plus loin : «O la conduite irréfléchie de nos compatriotes ! ils obligent des enfants à commencer leurs études par le livre de Dieu, et à lire ce qu’ils ne comprennent pas (...).»

*Sur l’instruction primaire et sur les différences qui existent entre les systèmes d’enseignement suivis dans les divers pays musulmans.

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